Hippocrate


Surnommé le prince des médecins, Hippocrate naît à Cos, une île de la mer Egée consacrée à Esculape en 460 av. J.-C. Il est difficile de faire la part de la légende dans les divers récits de sa vie. Selon un certain Soranus, il serait membre de la famille des Asclépiades et le dix-septième descendant d’Esculape.

Après avoir reçu une première instruction par son père, Hippocrate part étudier à Athènes où il a pour maître le sophiste Gorgias.

Il devient rapidement aussi instruit en philosophie qu’en médecine, mais il se consacre à la seconde discipline en ne gardant de la première que ce qu’il croit nécessaire à la justesse du raisonnement. En allumant de grands feux dégageant des substances aromatiques, il sauve les villes d’Athènes, d’Abdère et l’Illyrie des ravages d’une terrible peste. La ville d’Athènes le récompense alors en lui donnant le droit de citoyenneté et en l’entretenant toute sa vie dans le Prytanée aux frais du gouvernement.

Il voyage beaucoup et sa réputation dépasse bientôt les frontières de la Grèce. Mais sa passion de la vérité - il s’appuie sur les bases solides de l’expérience et de l’observation des faits - lui fait dédaigner la gloire et les honneurs. On raconte à ce titre qu’il refuse avec mépris les offres mirobolantes du roi des Perses pour éradiquer l’épidémie qui décime ses armées. Cependant, sa célébrité ne l’empêche pas de continuer à donner des consultations.

Il passe les dernières années de sa vie en Thessalie, où il s’éteint presque centenaire en 377 av. J.-C. Modeste et simple, il a révolutionné la médecine en la débarrassant des superstitions et des sorcelleries.

Une soixantaine d’ouvrages lui sont attribués, mais il est difficile de savoir quels sont ceux véritablement de sa main.

 


Un extrait de « Le pèlerin intérieur » de Pierre Beaudoin

Hippocrate, né en 460 avant J.- C. faut-il le rappeler, affirmait : "L’exercice fait régulièrement et surtout la marche est le meilleur remède pour l’homme." Ce grand médecin de l’Antiquité prescrivait la marche à ses patients. Dans la Grèce antique, comme aujourd’hui d’ailleurs, les habitants des villes tombaient malades. Ils se rendaient alors à l’Aesculapion, vaste domaine campagnard avec des vergers, des ruisseaux, des collines et des chèvres pâturant une herbe abondante. Les médecins grecs utilisaient des traitements d’une simplicité remarquable : ils conseillaient au patient de marcher dans la campagne jusqu’à ce qu’il soit fatigué, puis de se coucher pour se reposer, tantôt au soleil, tantôt à l’ombre d’un arbre ou d’un rocher. Une fois reposé, le malade devait reprendre sa marche et ainsi de suite jusqu’à ce que son corps se régénère.

Cette alternance de marche, de bains de soleil et de repos durait toute la journée. Quand la faim se réveillait, on donnait au promeneur une jarre de terre cuite pour traire les chèvres et pour cueillir lui-même les fruits directement sur l’arbre. Après trois ou quatre semaines de ce régime de vie, le patient était délivré de ses maux et prêt à reprendre la vie citadine 

 

Extrait de « Le pèlerin intérieur », Pierre Beaudoin, Éditions du Roseau, Montréal, 2006, p. 38.