Claire Colette


 

Claire COLETTE est née  en 1953 à Namur (Belgique). Elle arrête ses  études secondaires   après avoir connu l’échec scolaire et la révolte familiale. Après un détour dans la marginalité, elle entreprendra les études d’assistante sociale, une licence en sociologie et travaillera tant dans le domaine social que privé. A 47 ans, elle étudie la réalisation documentaire à l’IAD et co-réalise quelques courts métrages sur des thématiques pédagogiques.

A 53 ans, après un bilan de vie douloureux et souffrant de fibromyalgie, elle part à pied de Louvain-La-Neuve jusque Compostelle durant trois mois. Elle y dépose toute la souffrance de son corps, de son cœur et de son âme. Elle y vit une véritable renaissance.

Au retour, tout a changé en elle ; elle « reçoit » une deuxième vie, comme elle aime à dire. Elle découvre sa guérison, reprend son métier d’assistante sociale dans l’accompagnement de personnes déficientes mentales et ose la vie intérieure.

Ce témoignage montre comment le Chemin peut transformer, concrètement, pas à pas, inexorablement, le marcheur au long cours…

Elle relate cette expérience dans un livre paru en 2015: "Compostelle. La saveur du chemin", aux Editions Académia-L'Harmattan.

 

Retrouvez Claire sur Facebook


Un extrait de "Compostelle. La saveur du chemin"

« Il arrive un moment de la vie où il faut soit changer, soit mourir », écrit Luc Adrian à la première ligne de son témoignage.

Lorsque j’ai lu son livre, il y a une bonne année, j’ai ressenti un choc : j’y lisais, concentrée en quelques mots, la folle nécessité de mon propre départ. Il était de cet ordre-là : changer ou mourir, sachant qu’il y a sans doute bien des façons de mourir ; j’y excellais d’ailleurs par moments !

C’est cette nécessité qui, ce 30 juin 2006, m’a poussée à partir seule, à cinquante-trois ans, de mon domicile jusque Compostelle. (…)

J’étais en souffrance, je me trouvais devant un mur. Il n’y avait que deux choix possibles : m’asseoir et mourir lentement ou prendre la petite porte de bois verrouillée depuis si longtemps, oubliée au fin fond du jardin de mon être, dans ce mur infranchissable et m’échapper sur les petits sentiers bucoliques. L’idée a germé deux longues années au moins, dans ce terreau douloureux dont personne ne soupçonnait l’existence.

C’est par cette porte que je suis partie de ma vie, en solitaire, poser les premiers pas sur le chemin de Compostelle, chemin qui en contiendra plusieurs millions, sur deux mille quatre cents kilomètres, durant trois mois.